Programme de la saison

Autour de Joseph Haydn, maître de chapelle des princes Esterhàzy (1770-1775)

Portrait de Joseph Haydn

Portrait de Joseph Haydn, copyright Landesmuseum Burgenland

Si le grand public connaît les œuvres symphoniques et les oratorios de Joseph Haydn (1732-1809), musicien très admiré par Mozart qui l’appelait son « cher ami », il sait moins que la plupart de ses œuvres ont été composées alors qu’il était maître de chapelle des princes Esterhàzy à Eisenstadt (Autriche), une ville connue aujourd’hui comme étant « la ville de Haydn ». Entré à leur service en 1761, il demeurera à Eisenstadt pendant 30 ans.
C’est dans les années 1770 que Joseph Haydn compose, pour le prince Nicolas II Esterhàzy, deux de ses plus célèbres œuvres vocales religieuses, de facture assez brève et structurées autour de l’usage de l’orgue qui apparaît central. Elles apparaissent comme caractéristiques du travail de composition qu’Haydn produit à Eisenstadt :

  • C’est en 1770/71, qu’Haydn composa son « Salve Regina » en quatre mouvements, caractérisé par l’utilisation concertante de l’orgue. Le compositeur, alors âgé de 40 ans, y excelle dans la transposition musicale de cette antienne dédiée à la Vierge Marie. Prévu à l’origine pour quatre solistes, c’est dans la version pour chœur mixte à 4 voix que Volubilis a choisi de proposer cette œuvre.
  • Haydn a probablement écrit sa « Missa brevis sancti Johannis de Deo » en 1775 pour les Frères hospitaliers de l’abbaye d’Eisenstadt, dont le saint patron était Saint Jean de Dieu. L’œuvre tire son surnom -la « Messe du petit orgue » – du solo d’orgue dans le « Benedictus » et en référence à la « Grande Messe pour orgue », autre nom donné à la « Missa in honorem Beatissimae Virginis Mariae », la quatrième messe de Haydn. Un solo d’orgue dans le Benedictus était une pratique courante à l’époque. Il est également possible que ce nom vienne de l’instrument lui-même sur lequel Haydn a joué cette pièce lors de la première représentation, un orgue positif sans pédale. Les mouvements « Gloria » et « Credo » sont extrêmement courts grâce à l’emploi de la technique de la  polytexture: « plusieurs phrases du texte [sont mises en place] simultanément dans différentes voix. » Haydn pousse ici cette pratique à l’extrême, en omettant les mots « Et in unum Dominum, Iesum Christum, Filium Dei unigenitum » (« Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu ») du Credo. Le Benedictus est le seul mouvement qui n’est pas en si bémol majeur, et qui est destiné à une voix soliste de soprano.